L'odyssee d'ELOISE
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De ces pays que la misère anoblie De retour en Thaïlande depuis maintenant 6 mois je suis encore sous le charme intense et trouble du Cambodge et du Vietnam. Je regarde ces photos prises au hasard devant un tsunami d’émotions. Elles bornent aujourd’hui ma mémoire jetant peu a peu dans l’oubli les interstices de mon album personnel. Je vous en livre encore quelques unes comme les bornes incertaines d’une âme voyageuse. L’Asie fait peu de cas du passe. La mémoire ici s’arrête devant les nécessites du présent et les ruines ne font pas longtemps ombrage au contemporain. A ce titre Mao n’a pas eu beaucoup de peine à arracher les racines d’une chine millénaire et le camarade commerçant a plus souffert du manque de profit que de l’effacement de sa mémoire. Difficile de se détacher de ce bouquet de vie laborieuse et fière qui s’enracine si profondément sur un charnier. Des drames du passe, les chiffres, les actes vous font perdre la valeur de la vie humaine. De ces drames, pas de procès, pas de monuments rien pour instrumentaliser la mémoire. Ici et la bas ce n’est pas la pudeur ni l’indifférence qui scelle l’oubli mais l’appel du présent que pousse le devenir sur la poussière du passe. Aujourd’hui partout sur la péninsule les forces de la vie sont au travail ; il n’y a pas de place pour l’armée des morts ils offraient pourtant un rempart contre le retour des tyrans. Aujourd’hui les nouveaux maîtres s’appellent ; rendement, profit, intérêt et ses victimes sont toujours innocentes. Elles ont le regard vide de ces jeunes gens endimanchés qui jouent avec une joie avare la bissness comédie. Elles ont le visage d’enfants furtifs qui s’enfoncent dans la nuit des plaisirs ignobles. Elles ont le visage de ces ombres en haillons que le travail mutile. Alors pour vous, moi et quelques autres qui essayons de vivre la condition humaine au delà de l’égoïsme. Pourquoi pas, dans une sorte de réflexe de survie sourire à l’inconnu, aimer plus encore l’autre qui comme nous porte un rêve et ne plus reporter le bonheur au lendemain. Amour et fraternité
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