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Bien arrive au Toulabalaba !
15th May 2009
L'herbe la plus verte ?

Salut tout le monde, 

 

Pour les photos : http://picasaweb.google.com/bruno.deloustal/NZ#   

Voilà, je suis rentré ... en avion - l`argent tout simplement - et pourtant j`en suis très heureux. Mais pourquoi, ça je vous l`expliquerai dans le prochain et dernier post. Temps de refermer la page. Finies les vacances, j`ai repris le travail à Annecy. Iphone et course contre la montre ... enfin je me déplace toujours sur mon petit nuage en ce moment. Et il y a encore du sable dans mes chaussures.  

Avant d`essayer d`écrire quelques lignes sur ces 3 semaines en Nouvelle-Zélande, je voudrais tout d`abord adresser un grand merci aux annéciens Nico et Jérémie pour leur généreux accueil de quelques jours en Nouvelle-Zélande, dans leur van. Trois sardines dans leur sac de couchage, ambiance tente de pat`. Ce petit rien qui s`appelle l`hospitalité et qui vaut vraiment tout l`or du monde.... Et puis un grand merci à vous tous. Pour tout, pour m`avoir suivi, lu et supporté (et là je pense au deux sens du verbe). Je n`essaierai pas ici de faire une liste de mes remerciements (je garde ça pour le prochain) mais bon voilà : sans vous, ça n`aurait pas été possible.

 Alors, la Nouvelle-Zélande ? On s`en était arrêté au douanier n`est-ce pas ? Bon, j`avais été un peu méchant avec lui. Bad karma. Quand je lui parle de parapente, il me dit que près de Napier, on en fait. Arrivant en centre-ville, je n`ai pas de plan pour le reste de la journée. Bien reposé par ces jours en mer et donc bien motivé pour aller voler. Ça tombe bien, pas un nuage dans le ciel. Google "paragliding Napier", achat d`une carte de téléphone, contact de l`école locale " yes, got a tandem flight this afternoon, come along if you want". Et voila comment deux heures plus tard, je suis au décollage.

 Le premier truc à faire c`est de démêler les suspentes car je peux vous l`avouer maintenant, j`ai fait ce que le jargon appelle joliment un "arbrissage" quelques jours avant, en Tasmanie. En plein parc naturel, au bord d`une plage, au bout de 4 secondes de vol. Mon père en rigole encore et...la voile est pleine de sable, d`algues et de graines. Le kiwi qui m`accompagne fronce les sourcils et peste contre les douaniers qui auraient du fouiller la voile, biosécurité oblige. Je ne peux qu`acquiescer, enfin quoi, vers où va-t-on dans ce pays, merde! Comme le décollage est vraiment vraiment en pente et ne pardonnerai pas une éventuelle abattée lors du retournement, je le laisse partir en premier avec son client. Et j`attends son retour. Sauf que la on se heurte au premier problème ici en Nouvelle- Zélande : l`accent des gens, qui en plus préfèrent que vous compreniez quand ils parlent parce que répéter, ils aiment po`. Bref, quand il revient après avoir vainement attendu dans le paddock qui sert d`atterissage, que je lui demande si j`ai mal compris et qu`il me répond en fronçant les sourcils encore une fois je me ds que si j`étais venu pour remonter la cote des frenchies, c`est mal barré. Bon, après 3 tentatives, je vole, youpi, au dessus des moutons. 

Voila le deuxième point à retenir ici : il y a plus de moutons que de kiwis : 70 millions quand la population atteint les ... 4 millions (le chiffre date de quelques années parce que maintenant, c`est la vache qui a la cote, Chine oblige) . Le décor est planté dès cette première journée pour les 3 prochaine semaines: du parapente, des moutons, des kiwis un peu revêches et qu`on comprend difficilement et surtout des paysages : bienvenue en Nouvelle-Zélande, le pays "down under". La plus courte distance pour y aller depuis la France, c`est via le centre de la terre. Et puis si ça ne vous inspire pas, vous pouvez fermer votre porte, faire une grosse fête avec vos amis et partir en suivant n`importe quel cap, ça sera toujours la même distance (20 000 kms). Faire gaffe aux policiers kirghizes tout de même. 

 Super Merinos 

J`aime bien voir les moutons. C`est sympa et ça détale dans tous les sens. Un peu con mais je crois pas avoir vu plus doux comme animal, à part peut-être l`agneau ;-) Mais je vais pas en faire tout un plat même si dans le mouton tout est bon et surtout la laine. Tout ceci pour dire que les Néo-zélandais, ils savent le tondre le mouton.. En Argentine en 2002, j`avais croisé un kiwi qui faisait le tour du monde en travaillant à la tonte, une des dernières activités "agricoles" de grande échelle non automatisée. Avis aux amateurs de retour a la terre et voyage "roots". 

Mais Il n`y a pas que les moutons qui passent à la tonte : les touristes aussi. Pas de doute : Y savent y faire ici ! Entre les sauts à l`élastique, le parachutisme, le jetboat dans les rivières, la visite de caves, croisière dans les fjords, scenic flights au dessus du mont Cook, le ski l`hiver, le "glacier walking" ou encore le trek avec permis (25 euros par jour pour le refuge ... camping quasi interdit) ou bien encore la visite de grottes à vers luisants, on a l`éventail du choix. Mais il faudra penser à le faire dans le bon ordre, visite des caves avant la chute libre ou saut a l`élastique par exemple.... Comme le tout est très bien marketé avec invitations, réductions, prebooking et autres vouchers, c`est votre porte monnaie qui risque de sauter depuis un pont. Sans élastique. 

L`activité que je préfère, c`est le jetboat. Vous allez comprendre ensuite. Le jetboat cela a été basiquement développé par un kiwi qui en avait marre de devoir porter son bateau dans les "braided rivers" ces rivières qui vues d`avion ressemblent à d`immenses chevelures, où l`eau se perd en de multiples filaments, très peu profonds. Cela fait très himalayen ou canadien et c`est unique à cette altitude. Donc l`ami, appelons le Bill Hamilton, décide de propulser son bateau par une turbine orientable plutôt que par une hélice. Quelques décennies, 4 moteurs Chevrolet et 440 chevaux plus tard, voila ces bateaux qui remontent les rivières en ayant fait le plein de touristes. Demi-tours à une vitesse enivrante, 360 degrés, ils rasent les bords des falaises et en prennent visiblement plein la tronche. Et nous on en prend plein les oreilles. Très écolo ... Je décris cet exemple parc qu`il est assez emblématique du tourisme kiwi, un peu schizophèrene entre l`ultraprotection dans les parcs naturels et le plus complet abandon aux forces du marché, pardon du pétrole.

 Mais, revenons à nos moutons, pourquoi ce titre (Super Merinos )? Juste pour dire que les kiwis ont eu deux bonnes idées : importer d`Espagne des moutons mérinos et puis 150 ans plus tard, de raffiner le filage de la laine pour en extraire une fibre et en faire des vêtements thermiques pour le sport (IceBreakers pour les nommer mais il y a des marques nettement moins cher). Mais pourquoi nous parles-tu de ça ? C`est en fait pour vous parler du pull que je me suis acheté ici ...(oui il était temps d`arrêter de voyager, je n`ai plus grand chose à raconter)  Juste pour dire que la laine de Mérinos est une fibre naturelle qui, quasi sans adjonction de chimie, dépasse les performances des meilleures fibres synthétiques (= pétrole) et qui en plus ne pue pas. Ce qui vous paraitra plus important au bout de 10 jours de trek.  La nature est généralement plus efficace que nous et en plus est bonne mère. Et puis il est fabriqué ici : comme en Asutralie,  le "proudly made in NZ" ou plutôt le "Not merde in china" font que c`est un peu plus qu`un pull que j`achète, c`est une note d`espoir. Yes we can! 

Paysages

 Là, je laisserai parler les photos en ne pouvant que regretter la grosse rayure qui floute une grande partie des images. Voir aussi le seigneur des anneaux. Mais quand même, lorsque dans un bus, le chauffeur parlait au micro - dans une superbe démonstration d`histoire locale de près de 3 heures- d`un environnement unique regroupant de façon très proches de nombreux écosystèmes très différents (mers, fiords, montagnes, déserts d`altitudes quasi tibétains ou encore volcans) je ne pouvais qu`acquiescer, par l`expérience de ces derniers mois. Bon d`accord, l`original dépasse la copie mais tout de même, c`est beau ici.

 Entre le Fiorland, quasi "norvégien" (glaciers qui descendent presque jusqu`à la mer) et Queenstown par exemple où les oliviers et les vignes poussent pour ainsi dire au pied des pistes de skis, à peine une centaine de kilomètres à vol d`oiseau. On peut bien le dire: la Nouvelle-Zélande a été gâtée par la nature. Quand je pense que la colonisation de l`ile du sud a - comme l`Australie de l`ouest - bien failli être entreprise par les français ... On a toujours eu des politiques qui comprenaient mieux que les autres l`avenir... on aurait du embaucher madame Irma et sa boule de cristal à la place. 

Mais je m`égare. D`ailleurs s`égarer n`est pas dur ici, car comme en Tasmanie, c`est si sauvage qu`ils ont inscrit une grande partie du sud- ouest de l`ile du sud (ouf!) au patrimoine de l`UNESCO parce que la végétation unique est tellement dense et la pluie tellement omnimouillante (200 jours par an mais pour pendant que j`y étais, rien que du soleil), il ne vaut mieux pas trop sortir des chemins. Il faut prendre ses responsabilité, les accidents sont fréquents, windchill index aidant.

La sauvagerie des éléments, la diversité des environnements, belle expérience de cette fameuse "wilderness"que nous avons complètement perdue en Europe. Avec pourtant une invitée un peu discrète : la faune. Ce n`est pas une surprise, on a autant de mal avec nos amies les bêtes que les éléphants dans les magasins de porcelaine.

Sauf qu`ici, c`était beaucoup plus prévisible qu`ailleurs. Il semblerait que l`environnement de la NZ ait été encore plus hors norme que celui d`Australie en ceci qu`il n`y avait même pas de mammifères à quatre pattes. Et d`un point de vue lutte des classes - pardon, sélection naturelle - les carnivores brillèrent tellement par leur absence qu`on vit des oiseaux perdre leurs ailes (les kiwis) et qu`on ne vit pas le Moa, cette super autruche de 3 mètres, éteinte avant l`arrivée des occidentaux. Ajoutez à cela, l`absence d`espèces venimeuses et la Nouvelle-Zélande ressemblait plutôt à une vaste communauté hippie quand le reste du monde - plus ou moins globalisé bien avant que José ne soit né - évoluait . 

Arrivèrent les Maoris à la fin du XIII ème siècle après JC - faisant de la NZ la dernière terre majeure à être colonisée, 80 000 ans seulement après que les hommes aient quittés l`Afrique - et l`équilibre se rompit sous l`action du feu, de la hache, de la chasse et de la surpopulation. Les occidentaux firent comme d`habitude, c`est à dire bien pire, en lançant dans la nature ces armes de destruction massive que sont les rats, les chats, les hermines, les cerfs et les chèvres qui s`attaquèrent gaiement aux oiseaux et aux arbres, à la croissance très lente. Triste parabole sur l`impossible éloignement au monde. Tous dans le même radeau, celui de la Chute, qui vogue quelque part à l`est d` Eden.

 Et les kiwis ? Petite déception, feeling un peu bizarre vis a vis des habitants de ce pays. Parce que dans la première semaine, je me suis bien demandé si le bateau qui avait emmené les Néo-Zelandais (selon la blague en vigueur, en première classe et les australiens à fond de cale ...) n`avait pas oublié sur le quai quelques bagages comme la joie de vivre ou l`humour, voire le flegme.

Le contraste était d`autant plus saisissant que le pays étant si magnifique, comment ne pourrait-on pas y être heureux ? Bon, déjà il faut souligner qu`en arrivant ici, il était inévitable que je vive une remise a niveau de mes espérances, gonflées par des mois de vadrouille, où la Nouvelle-Zélande apparaissait de plus en plus comme une terre promise. Mais il y a quelque-chose quand même. Insularité ? Nombre de touristes ? Origine socio-religieuse des migrants ? Peut- être et après tout, c`est pas grave. Les "bons côtés" anglo-saxons sont là comme la politesse, le service, l`efficacité et plein d`autres choses encore. Juste que ... je n`ai pas eu envie de rester. Encore moins de m`installer. Finalement l`herbe la plus verte n`est pas où on le croit....

 Comme je peux pas m`empêcher de faire compliqué, je m`explique cela, très subjectivement,  avec deux mythes bibliques - rien que ça . La chute, on l`a vu, avec la destruction d`un véritable petit paradis. Ce qui après tout aujourd`hui ne serait que difficilement évitable malgré toute notre science des environnements. Le second mythe c`est l`arche de Noé. Car ils se vivent, non sans raison, comme un espace privilégié à l`écart du monde. Et sur lequel il n`y aura pas de place pour tout le monde. D`où une attitude assez défensive.

 Quelques grammes de finesse au dessus d`un monde de brutes

 Allez pour finir, une petite anecdote. Juste pour dire qu`à Queenstown, faut pas trop se louper à l`atterrissage car l`atero est normalement sur le terrain de rugby, où cela joue le samedi. Et quand il y a match, il faut se poser dans l`école, juste à côté. Mais je regrette presque de ne pas avoir tenté l`atterrissage au milieu de leur match avec mon indécrottable "french accent". Avec un maillot de l`équipe de France (de rugby) et un soupçon de provocation (Alors les petits pédés, on arrive toujours pas en demi- finales de la coupe du monde? ) j`aurais pu connaitre une mort ... horrible et stupide. Le parapente est décidément un sport bien dangereux !

 Allez courage plus qu`un post et après c`est à vous de prendre de longues et belles  vacances et à moi de "getjealous" !



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